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Journal de Montréal
(2 juillet 1998)

Journal de Montréal (2 juillet 1998)

Journal de Montréal – 2 juillet 98
« La Fondation Marie-Ève-Saulnier poursuit le rêve d’un enfant parti trop vite. » par Claire Harting

« Plus de carresses, plus de becs, plus de câlins, plus de lumineux sourires de mon petit clown. C’est en son nom que j’ai mis sur pied une fondation qui servira aux jeunes. Marie-Ève, ma forte, ma courageuse petite fille envolée ! »

Après sept ans de lutte acharnée Marie-Ève Saulnier mourrait d’une leucémie en novembre 1996. Elle avait 12 ans.

En mai 1997, sa mère Linda créait une fondation en son nom avec deux buts très précis. « Cette fondation permet de garder Marie-Ève vivante parce qu’elle répond à ses désirs. Elle a fait beaucoup dans sa courte vie, mais n’a réussi qu’à ébaucher certaines choses qui lui tenait à cœur. » Linda Saulnier est convaincue que Marie-Ève est venue lui enseigner quelque chose par sa ténacité et sa force, son impressionnante implication sociale.

C’est donc avec acharnement qu’elle a structuré la Fondation Marie-Ève Saulnier pour supporter la recherche sur la leucémie et les tumeurs au cerveau afin d’alléger la souffrance des enfants. « On entend aussi entreprendre une tournée des écoles primaires pour démystifier le cancer et informer les enfants afin qu’ils acceptent mieux les petits camarades malades.

Cette petite fille malade depuis l’âge de cinq ans a fait plus dans sa courte vie que d’autres en de longues années.

À peine âgé de 7 ans elle représente Leucan lors de collectes de fonds, se fait un porte-parole médiatique très sollicité, enregistre plusieurs émissions devient le porte-bonheur de la journée Message d’Espoir pour tout le Québec et va même sensibiliser le public à l’importance du don du sang pour la Croix-Rouge, Marie-Ève connaît bien la cause, elle a reçu tellement de transfusions sanguines.

Malgré ses fréquents séjours à l’hôpital, ses innombrables traitements, ses deux rechutes, ses deux greffes osseuses, elle a terminé l’école primaire avec brio sans jamais râter une année. « Elle aimait les fêtes, la nature et les dauphins de belles bibittes douces. J’ai de si beaux souvenirs de Marie-Ève ».

Renseigner les jeunes sur le cancer des enfants et aider la recherche

« De quelle planète on t’a larguée, toi ? » Et ses camarades du secondaire de rire d’une Marie-Ève bouffie par les médicaments, toute pâle, toute chauve, sa pompe à antibiotiques à la main. À la fin de la journée, on avait défoncé sa case. « Ma forte Marie-Ève est arrivée ce jour là à la maison en pleurant à chaudes larmes, disant que pour elle, l’école c’était fini. C’était pourtant toute sa vie », se rappelle sa mère, Linda Saulnier.

De nombreux enfants malade ne peuvent aller à l’école parce que les directions des écoles les refusent. Ou ne veulent pas y aller parce qu’on rit d’eux. « Un des buts de la Fondation, c’est d’informer les enfants sur le cancer, les médicaments et leurs effets secondaires. Leur dire que ces enfants se battent pour leur vie. »

Dès septembre, Linda veut commencer une tournée des écoles primaires du Québec et sensibiliser les enfants de 8 à 12 ans du 2e cycle. « Le cancer est loin d’être connu des enfants sans quoi, ils ne riraient pas de leurs camarades qui en souffrent. Marie-Ève avait amorcé cette démarche dans certaines écoles. » À l’aide d’un jeu interactif, Linda veut renseigner les jeunes et les faire réfléchir sur les moyens d’aider un camarade atteint du cancer.

La Fondation veut aussi développer et maintenir une banque de données qui permettent au chercheurs de savoir le dosage exact de médicaments de la chimiothérapie, lesquels sont efficaces pour tel enfant, lesquels ne servent à rien.

« Je dois trouver une façon dynamique de recueillir des fonds et d’y faire participer les jeunes. Il le faut. »

On joint la Fondation Marie-Ève Saulnier au (514) 926-9000

PHOTOS :

Marie-Ève Saulnier, deux mois avant son décès. Son sourire radieux disait qu’elle voulait vivre.

Pour Linda Saulnier, La Fondation Marie-Ève-Saulnier, c’est comme mettre un enfant au monde et poursuivre les rêves de la petite fille envolée.