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Biographie

Marie-Ève, au fil des ans

Il était une fois une petite fille aux longs cheveux blonds remplie d’énergie et de joie de vivre. Elle était belle comme un cœur et à 5 ans, elle faisait le bonheur des siens en les faisant rire et en leur communiquant son amour de la vie.

Un jour, en 1990, Marie-Ève se sent très fatiguée. Elle ne peut plus jouer longtemps dehors avec ses amis comme avant. Elle doit rentrer se coucher à tout moment durant la journée. Elle est si pâle et si fatiguée que ses parents l’emmènent à l'hôpital Ste-Justine où les médecins diagnostiquent une leucémie lymphoblastique aiguë. C’est la descente aux enfers pour Marie-Ève et sa famille.

La première partie du traitement (induction) oblige Marie-Ève à être hospitalisée durant sept semaines. Puis, c’est la radiothérapie et la chimiothérapie. Pendant deux ans, elle reçoit un traitement de chimiothérapie par semaine en clinique externe. Souvent, elle doit être hospitalisée pour diverses complications à la suite des traitements reçus.

Après plus de deux années d’angoisse et de souffrances sans nom, c’est la rémission. Soulagement, espoir, bonheur auquel on ose à peine croire ! Chaque examen de contrôle à l’hôpital nous fait mourir de peur.

Pendant ce temps, Marie-Ève s’engage comme bénévole auprès de Leucan pour sensibiliser les gens à ce fléau qu’est le cancer chez les enfants. Elle participe à plusieurs émissions de radio et de télévision. Elle devient le porte-bonheur de la journée Massage d’Espoir pour tout le Québec. Grâce à son charisme, à sa personnalité attachante et à sa vivacité d’esprit, Marie-Ève passe son message avec brio.

Marie-Ève, été 1994Durant l’été 1994, la maladie réapparaît : c’est la première rechute. Tous les espoirs s’effondrent. Comment accepter l’inacceptable, l’insupportable réalité ? C’est le courage et la détermination de Marie-Ève qui aident sa famille à continuer le combat avec elle. Elle doit recommencer à zéro, avec beaucoup moins de chances de réussite. Le 8 août 1994, la guerre contre le cancer reprend. Mais cette fois, les traitements lui causent d’atroces souffrances. Elle fait souvent de la fièvre et doit recevoir régulièrement des transfusions sanguines. Elle demeure donc hospitalisée jusqu’en décembre.

Enfin, c’est la rémission à nouveau. On lui propose alors une autogreffe de la mœlle osseuse. N’ayant pas d’autre alternative que d’accepter pour avoir une chance de survivre, elle plonge à nouveau dans un univers peuplé d’horribles souffrances et de peur. Elle souffre en silence pour ne pas inquiéter ses parents, ne pas leur faire de peine. Elle attend avec impatience le jour où elle pourra retourner dans ce monde qui lui a été interdit trop jeune, celui des jeux, des rires, de l’insouciance, de l’école, des amis ; le monde de l’enfance...

Finalement, elle retourne à la maison à la fin de février 95, mais elle doit continuer à suivre une série de traitements toutes les semaines jusqu’en décembre.

Malgré la maladie, Marie-Ève poursuit ses études et y réussit haut la main. Toujours courageuse, pleine de vie et d’espoir, Marie-Ève organise des fêtes avec tous les gens qu’elle aime. Elle a soif de bonheur, elle aime rire et s’amuser. Généreuse et reconnaissante, elle devient porte-parole pour la Croix-Rouge, car elle connaît l’importance du don de sang, ayant elle-même reçu de multiples transfusions sanguines.

Marie-Ève en 1996Le 8 mars 1996, Marie-Ève a une deuxième rechute. Elle choisit de continuer le combat, animée du même espoir, de la même détermination. L’été se passe à l’hôpital. Malgré un traitement choc, la maladie réapparaît toujours. Marie-Ève est épuisée physiquement et moralement. Elle n’en peut plus de se battre contre cet ennemi qui la harcèle depuis six ans. Cependant, malgré son état de faiblesse générale, elle veut encore guérir, car elle a plein de projets à réaliser. Par exemple, elle rêve d’aller nager avec les dauphins afin qu’ils lui insufflent l’énergie dont elle a besoin pour continuer sa route. La famille entreprend les démarches nécessaires, et le jour du départ est fixé au 3 novembre.

Entre temps, l’état de santé de Marie-Ève se détériore et elle quitte la terre le 6 novembre, dans son lit, à la maison entourée de sa famille et de ses chiens.

Ses dernières paroles furent : « Tire fort. » S’adressait-elle au Grand Dauphin pour qu’il la transporte sur son dos vers un monde où les enfants ne souffrent pas ?

En douze ans, Marie-Ève a vécu plus énergiquement, plus passionnément, plus intensément et plus généreusement que bien des gens. C’est peut-être pour cela qu’elle nous a quittés si vite. Parce qu'elle avait achevé sa tâche ici.

C’est maintenant à nous d’utiliser toute la joie, l’énergie et la générosité qu’elle nous a communiqués afin d’aider d’autres enfants malades à moins souffrir, à guérir, à vivre. Et c’est précisément pour cela que la Fondation Marie-Ève-Saulnier a été créée.

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